Inverser la courbe du chômage avant la fin de cette année…

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Au cours de sa dernière conférence de presse, de même qu’à l’occasion de ses rencontres avec les partenaires européens, et de divers déplacements, y compris dans des entreprises qui menacent de déposer le bilan et de licencier en masse, le Président de la République n’a de cesse de marteler « qu’il s’est engagé à inverser la courbe du chômage avant la fin de cette année, et qu’il s’y tiendra ».

Nous allons entamer le mois de juin, et dans la continuité, les deux mois de grandes vacances, qui traditionnellement nous éloignent pour un court moment des soucis du quotidien. L’affirmation du Chef de l’Etat pourrait donc prêter à sourire, et même à rire, s’il n’y avait pas derrière cela, des vies et carrières menacées, des souffrances et du désespoir. Certains esprits malins pourraient même répondre, à ceux qui diraient que l’affirmation de M. Hollande n’a pas de sens, que si, au contraire, elle a un sens ! l’inversion d’une courbe: celle du chômage !

Inutile de se mettre en frais de rappels économiques théoriques, le bon sens devrait suffire. Aujourd’hui, il n’est perçu nulle part, dans aucun secteur , et dans aucune structure , le moindre commencement de début de frémissement de reprise de notre économie, et tout le monde cherche quelles mesures secrètes, invisibles apparemment, auraient bien pu être prises afin de favoriser le redémarrage de l’emploi des jeunes, des moins jeunes, et des seniors.

Avec les grandes vacances qui s’annoncent, cela nous reporte donc… à septembre prochain. Fort de ce constat, nul ne voit par quel miracle, les statistiques de septembre se trouveraient meilleures que les dernières publiées, catastrophiques.

On est par conséquent en droit de conclure que le Gouvernement, alerté par la poursuite des mauvais résultats, en particulier en matière d’emploi, tiendra obligatoirement à la rentrée de septembre un, voire plusieurs Conseils extraordinaires, afin d’examiner les mesures d’urgence à prendre.

Or M. Hollande a pris devant les Français, le pari d’inverser la courbe du chômage avant la fin de cette année. Ce n’est donc pas le 31 décembre qu’il va décider de ces mesures, ni le 30, ni même le 1er décembre, mais bien avant.

Mais il ne lui restera, début septembre prochain, que quatre mois pour gagner son pari. Encore ne se base-t-il que sur ce qu’il connaît de la situation du pays ! Car que sait-il de ce que sera l’économie mondiale, au cours des six prochains mois ? Que connaît-il des répercussions que celle-ci pourrait induire, en bien comme en mal, sur notre économie ?

Le Gouvernement peut légiférer par décrets, évidemment, mais si l’on additionne le temps passé en réunions (pour décider des mesures à prendre), celui passé à rédiger les textes, à les adopter puis à les faire appliquer, il n’y a aucune mesure qui, prise mi-septembre ou fin septembre, et a fortiori en octobre ou novembre, qui puisse avoir le temps de produire des effets positifs immédiats sur l’emploi avant le 31 décembre 2013.

Pour que M. Hollande gagne son pari, il ne resterait alors plus qu’une solution: modifier une fois de plus le mode et les règles de recensement et de comptage des chômeurs et demandeurs d’emploi: une autre manière, artificielle,  d’inverser la courbe du chômage.

Edithorial37

 

 

 

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Classé dans actualité société, économie, politique

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