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Nous rebâtirons…

« Nous rebâtirons Notre Dame de Paris ; je m’y engage (…) je veux que les travaux soient achevés avant cinq ans », a déclaré E. Macron au lendemain du drame,  « surfant » sur cette bien triste catastrophe comme pour « saisir une balle (politique) au rebond » et faire de ce « grand chantier » de la reconstruction son succès personnel !

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il a donné le « coup d’envoi » à un « grand concours international d’architectes », afin a-t-il dit de « donner un coup de jeune » à cette vieille et noble Dame !

La France possède tout le savoir-faire nécessaire en ce domaine – et c’est vrai – les techniques séculaires de sculptures, taille des pierres, de constructions ou réparations de vitraux, de charpentes traditionnelles et de couvertures sous de fortes pentes et à grandes hauteurs, ont su être préservées et perpétuées depuis des siècles, notamment avec le travail remarquable, difficile et rigoureux des « Compagnons du Devoir ».

Mais à quoi bon tout ce savoir séculaire, si l’Etat s’apprête à « sacrifier à la tradition », à « s’affranchir de certains canons », pour céder à des techniques « de facilité », qui auraient l’avantage de « gagner en rapidité » ?

Il est déjà pour le moins curieux de voir qu’ E. Macron n’a pas tardé à nommer à la « coordination » de ce vaste chantier de reconstruction, un ancien « Chef d’Etat-major des Armées » ! Nous ne sommes pas « en guerre », aux dernières nouvelles…, et il semble qu’une personne au sein du « Ministère de la Culture et du Patrimoine » aurait certainement pu « faire l’affaire » !…

En outre, chacun(e) s’en sera aperçu(e), le « chef de l’Etat » est « pressé », très pressé même ! Cinq ans ! Ne trouvez-vous pas, chers lecteurs qu’il est pour le moins risqué de fixer une telle « échéance » ? En effet, cela veut dire que, quoi qu’il arrive durant ces cinq années, et surtout quel que soit « l’état d’avancement » des travaux à l’issue de ces cinq ans, il faudra absolument « boucler » le chantier – « Jeux Olympiques obligeront »… De là à imaginer alors que les derniers travaux à effectuer devront être « bâclés »,… il n’y a qu’un pas ! On imagine alors la ou les suite(s)…

Par ailleurs, E. Macron verrait bien de la « modernité » dans la reconstruction de la « vieille Dame » ! Se souvient-il que, commencée au XII ème Siècle, elle a demandé presque deux cents ans d’efforts, d’innombrables sacrifices (dont des centaines de sacrifices humains : en effet, les ouvriers ne disposaient pas des moyens de sécurité d’aujourd’hui, et beaucoup hélas y laissairent la vie en tombant dans le vide) ! Se souvient-il que parmi ces ouvriers il n’y avait pas que des catholiques, il n’y avait pas que des croyants, il n’y avait pas non plus que des catholiques-pratiquants ? Ne serait-ce pas « faire injure » à ces centaines d’ouvriers morts pour l’édification de cet imposant  « monument » que de décider de lui apporter une « touche moderne », voire même, d’abandonner l’usage des matériaux d’époque pour privilégier – hélas – d’autres comme le béton, ou encore le verre ?

Ne serait-ce pas faire « injure » à ces anciens bâtisseurs, mais aussi à ces presque 900 ans d’Histoire de la France, et par rapport à tous les évènements illustres qui s’y sont déroulés, que de faire appel à des « architectes modernes » ? N’est-ce pas faire « injure » au Peuple de France lui-même, que de décider (à sa place) ainsi d’une telle reconstruction « modifiée » parce que « cédant à la modernité » – alors que – là encore, le Peuple auquel appartient ce noble Edifice tout autant qu’il appartient à E. Macron, « n’a pas été, et ne semble pas devoir être un jour consulté » ? Ne risque-t-on pas de voir apparaître dans ce « funeste » concours, les inventions les plus fantasques, dignes d’artistes sculpturaux « de ronds-points » ?

Par ailleurs, Notre Dame de Paris – comme tous les grands monuments anciens – n’était pas assurée, l’Etat « étant son propre assureur ». Certes l’Etat est propriétaire de la Basilique, mais « en sa qualité d’auto-assureur » notoirement défaillant, cela ne lui confère pas la « suprématie » des « décisions », ni des « délais » ! C’est l’évidence actuelle, Notre Dame de Paris et ses presque neuf siècles d’Histoire, est « multi-culturelle », « multi-confessionnelle », internationalement connue, vénérée et respectée ; elle est un « quasi-symbole » pour l’Humanité, et ce n’est pas pour rien qu’elle a été inscrite au « Patrimoine mondial de l’Unesco » ! Elle appartient en fait à tous, à chacun(e) de nous ; elle est universelle ! Il n’y a qu’à voir « l’élan incroyable » de générosité, et les « dons », qui dépassent le milliard d’euros, venant de France mais aussi de l’étranger, pour se rendre compte que les véritables assureurs ne sont pas « l’Etat » mais tous ces généreux donateurs !

A ces titres, il semble bien que « la Vieille Dame » mérite au moins que les Français soient « consultés » pour sa reconstruction, et qu’ils puissent avoir « leur mot à dire » sur les projets qui risquent de jaillir de partout, certains peut-être raisonnables, mais d’autres vraisemblablement « loufoques » ! Chers lecteurs, imaginez-vous une seconde Notre Dame reconstruite par exemple avec une couverture de verre (pour rappeler la structure de verre du Louvre), ou encore avec des vitraux ultra-modernes et simplistes dans leur graphisme ?

En résumé, vouloir reconstruire « au pas de charge » un tel ouvrage si précieux et chargé d’Histoire, en voulant imposer un « tempo » irréaliste et tout autant « risqué », ainsi que l’usage de « matériaux actuels de remplacement » et de « revisiter » l’ensemble sous l’oeil de l’architecture moderne, serait bien plus qu’une gageure, ce serait une grave erreur,  surtout sans prendre en considération les avis populaires tout autant que ceux de l’étranger, qui s’est montré très accablé par cet incendie si destructeur, et qui s’est tant mobilisé autour de cet évènement !

Edithorial37

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Classé dans actualité société, arts, économie, culture, débats de société, politique, religions

Relieur: un métier artisanal et d’art peu connu.

 

 

 

 

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Images ci-dessus:

  • pose d’un fleuron à chaud, sur feuille d’or fin, sur dos, entre deux nerfs;
  • livre, dos chagrin, plats papier reliure; 6 faux nerfs; 4 fleurons et un titre doré à l’or fin à chaud.

A l’heure des e-books, des tablettes tactiles et autres liseuses électroniques, le livre papier survit et vit même encore bien: une centaine de nouveaux titres paraissent chaque semaine en moyenne, des plus petits recueils aux « pavés » de 500 pages ou plus, des plus petits éditeurs aux plus grandes maisons d’édition, provoquant un certain engorgement des librairies et surfaces spécialisées de vente, dans lesquels on finit par remarquer la difficulté qu’il y a à établir une « hiérarchie » dans les ouvrages que choisissent de retenir les libraires, et à les mettre en valeur.

De ce point de vue, le livre numérique montre sans problème sa supériorité, à beaucoup d’égards:

  • désengorgement des points de vente;
  • plus grand choix offert aux lecteurs, lesquels peuvent feuilleter et lire des extraits avant d’acheter;
  • inaltérabilité du livre numérique, contrairement à la version papier, fragile;
  • immense possibilité de stockage en un volume très réduit, à l’opposé du livre papier.

Pour autant, un livre papier vit, il possède une âme, il a aussi une senteur, qui dépend du papier utilisé par l’imprimeur, de l’encre, de son âge aussi, des endroits où il a « vécu ».

A l’inverse de la liseuse numérique, il existe avec le livre papier, le plaisir du « toucher »: ce plaisir vaut déjà avec un bel ouvrage neuf; il vaut d’autant plus avec un bel ouvrage d’art, et il vaut davantage lorsque le livre possède une « mémoire du passé », lorsqu’un ou des liens historiques le relient à un ou plusieurs personnages célèbres.

Le livre papier est donc fragile, et pour traverser les siècles et être à l’épreuve du temps, il doit, comme nous, les humains, se faire soigner de temps en temps. Il passe alors entre les mains expertes d’un « chirurgien – plasticien » du livre: c’est le relieur.

Lui seul est capable, en une soixantaine d’opérations, de défaire totalement un livre relié, et le ré-assembler (relier: religare en latin, qui signifie relier), et le doter d’une très solide couverture, d’un dos non moins solide, le tout recouvert soit de cuir soit de toile soit de papiers chamarés, et agrémenté de tranches dorées, d’enluminures, de fleurons, de titres dorés à l’or fin, voire de mosaïques et d’incrustations.

Ce très bel art qui remonte avant le Vème siècle avant Jésus Christ, a connu un premier essor à la Renaissance, avec des reliures à peu près semblables à celles d’aujourd’hui, puis son âge d’or au XV ème siècle, avec l’ajout des dorures, enluminures et mosaïques qui ont fait du simple livre relié avant tout par utilité, pour pouvoir le consulter sans l’abîmer, un livre relié – en même temps objet d’art, que l’on place fièrement sur un rayon de sa bibliothèque.

Il existe encore de nos jours environ 200 relieurs établis à leur compte en France, et on accède à ce très beau métier par plusieurs filières.

C’est ce qu’un auteur, lui-même fils de relieur d’Art, décrit minutieusement dans un livre à paraître bientôt, intitulé « Art de la Reliure et  Reliure d’Art »:

 

Un bel ouvrage à consulter pour en apprendre beaucoup sur ce métier très valorisant et passionnant, la reliure, et pourquoi pas, vouloir aller plus loin par la suite dans sa connaissance, afin éventuellement de le pratiquer soi-même !

Edithorial37

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