Archives mensuelles : août 2013

Syrie: une diplomatie en « dents de scie »….

Image  Un pas en avant, deux en arrière. C’est à peu près l’allure des diplomaties des pays occidentaux, face à ce qu’il convient de faire pour dissuader une fois pour toutes le gouvernement syrien d’avoir recours aux armes chimiques de destruction massive, et qui touchent surtout les enfants.

Les USA comme toujours, donnent le ton et ont dans ce domaine le leadership. Le monde peut compter sur le refus d’avance et systématique de la Chine et de la Russie, pour toute intervention, mandat des U.N., approbation, dès lors que l’initiative ne vient pas d’eux. Les dirigeants de ces deux grands pays ne sont probablement pas moins sensibles que les autres au scandale que constitue l’usage massif d’armes chimiques pour détruire des populations, mais relégués comme ils le sont au rang de simples « consultants » à qui l’on consent à demander un avis, il n’apparaît pas très étonnant que la « coalition » contre la Syrie n’obtienne d’eux qu’un veto, un refus catégorique d’une participation quelconque,  et la désapprobation d’une opération militaire, fut-elle bien préparée.

De plus, les « forces » sur le terrain – et hors mandat de l’O.N.U. – sont cette fois-ci plutôt maigres, puisque hormis les USA, l’Europe ne sera présente que par la France, puisque que le Premier Ministre britannique Cameron a du céder à l’opinion publique anglaise, non acquise à une quelconque participation militaire, qui avance sur place un navire Frégate flambant neuf mais incapable de tirer le moindre missile sur la Syrie, peut-être le porte-avion Charles de Gaulle, mais pour cela, il faudrait qu’il soit déchargé et détourné de la mission pour laquelle il est normalement prévu de façon imminente, et une poignée de Mirages et de Rafales, capables de tirer des missiles à moyenne portée, et dans une zone tout juste hors de portée de la défense anti-aérienne syrienne. A la France s’ajouterait la Ligue arabe.

Pour quels enjeux ? Stratégiques, certainement. Conserver le leadership et, pour la France, gagner du terrain sur la Grande Bretagne, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, certainement aussi. Humanitaires avant tout, à n’en pas douter.

Reste que le terrain est « miné » et que cette région du globe est un baril de poudre: le Liban n’est pas loin, Israël non plus, et Bachar El Assad peut très bien pousser à son paroxysme sa propre folie meurtrière et destructrice, pour mettre « à feu et à sang » toute la région, et entraîner les « gendarmes » occidentaux bien plus loin que prévu.

La personnalité du dirigeant syrien est très complexe et bien connue des observateurs: « jusqu’auboutiste »,  on sait qu’il peut entraîner son pays et toute la région , et il le fera, dans le chaos total. Ceci explique peut-être les mises en garde chinoises et russes, la prudence britannique, le statut quo de grandes puissances comme l’Allemagne et bien d’autres. Bien malin en effet serait celui qui serait capable de prévoir aujourd’hui le comportement du dirigeant syrien face à une ou des attaques occidentales. Non seulement on peut craindre l’embrasement de toute une région militairement et géopolitiquement stratégique, mais aussi des vagues d’attentats en Europe contre nos intérêts et nos ressortissants.

Entre deux maux il faut choisir le moindre, dit-on… Là, on peut dire que le dirigeant syrien a presque toutes les cartes en main.

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Complément du 12 septembre 2013:

Depuis l’écriture de cet article, Vladimir Poutine a décidé de « prendre la main » sur le conflit syrien, et ainsi d’occuper le devant de la scène politique internationale, coupant ainsi l’herbe sous le pied du président Obama, et du même coup de F. Hollande dont les pas s’étaient peut-être imprudemment inscrits dans les siens, le suivant comme son ombre.

Voilà: sans faire oublier le moins du monde le fait que le président du Kremlin est un homme très rusé, et donc sans aucune naïveté ni crédulité sur ses réelles intentions, force est de constater que, ainsi que le mentionnait cet article, l’intention première de V. Poutine était de s’opposer au « leadership » américain, excédé et peut-être même vexé que les USA s’interposent dans chaque conflit comme étant les « gendarmes » du Monde. Poutine aura voulu tout à la fois montrer que l’URSS, grand pays également, pouvait très bien jouer également ce rôle, et ridiculiser le couple américano – français en montrant qu’il était possible de régler ce conflit sans avoir recours à la force armée, donc sans pertes humaines supplémentaires inutiles.

Cela dit, personne n’est dupe d’un certain obscurantisme qui entoure le dispositif de contrôle des armes chimiques préconisé par la Russie (il ne doit pas être très compliqué de déplacer et de cacher en des endroits secrets, des stocks de ces armes), et tout le monde connaît le rôle protecteur que semble jouer depuis longtemps la Russie sur la Syrie.

Il reste que V. Poutine a bien réussi son « coup médiatique », coupant sans coup férir l’élan d’Obama, et en écho celui de Hollande. Il est qu’on le veuille ou non aujourd’hui, dans la résolution du problème syrien, le personnage incontournable, dont on connaît la rigidité dès qu’il s’agit du vote d’une résolution des Nations Unies, ou d’une opération de frappe militaire. Il faudra compter de toute façon sur son veto (comme son homologue chinois), et se plier à ses conditions quant au contrôle du retrait et démantèlement des armes chimiques détenues par Bachar El Assad (sous les réserves déjà soulevées, de crédibilité).

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Le cauchemar de Fukushima

Image photo: http://www.photosearch.com

Une question de fierté ?

Dans quelques mois, cela fera deux ans qu’est survenue la plus grande catastrophe dans une centrale nucléaire après celle de Tchernobyl.

Au début, les autorités nippones se sont voulues rassurantes: il n’y avait aucun danger de radiations, aucun risque pour la santé, et la société Tepco, qui gère cette centrale (TEPCO, pour Tokyo Electric Power), affirmait haut et fort que lui et ses équipes maîtrisaient la situation.

Et puis il y a eu les premières fuites de radioactivité que l’on connaît, dans l’atmosphère, à la suite de l’explosion d’un premier, puis d’un second réacteur. L’Empire du Soleil Levant, Empereur en tête, a redressé la tête et refusé les aides internationales, se disant capables de faire face. En fait, le monde entier a assisté à une série de « bricolages » inefficaces et non sans dangers mortels, beaucoup y ayant laissé la vie.

Voilà aujourd’hui que, comme un volcan qu’on croit éteint, comme Tchernobyl qu’on croit inerte alors que la radioactivité continue de saper les sols et sous-sols et tout l’environnement, que Tepco annonce un autre type de fuite, liquide cette fois, dans ses réservoirs ayant servi à stocker l’eau qui a contribué au refroidissement des deux réacteurs endommagés.

Encore une fois, Tepco affiche sans faillir sa certitude: aucune inquiétude: elle maîtrise…

Il est cependant permis d’en douter quand on voit l’eau contaminée continuer de s’échapper, malgré les « rustines » appliquées en toute hâte, et la colère contenue du gouvernement japonais qui, lui, semble enfin avoir pris la mesure de l’incompétence et de l’inefficacité de la société TEPCO.

Mais un autre danger bien plus grand, menace l’humanité, pour plusieurs générations, menace la biodiversité aussi, les fonds marins, les espèces animales y vivant: le Pacifique est régulièrement depuis des mois souillé journellement par des centaines de milliers de litres d’eau radioactive, sans que quiconque n’ait jusqu’à présent fait quoi que ce soit.

Faire appel à l’aide internationale ? A quoi bon ! Les japonais sont bien capables de régler ce problèmes !

Là encore, il est permis d’en douter, encore davantage. Et la solution avancée par TEPCO n’est pas faite pour nous rassurer: geler les écoulements radioactifs se jetant dans l’océan… L’ampleur de la tâche, les moyens titanesques qu’il faudrait mettre en oeuvre pour y parvenir, le temps également que cela demanderait, sans aucune garantie que ce soit LA solution, tout cela fait froid dans le dos, tout comme les certitudes nippones, l’assurance bonhomme des techniciens de TEPCO, la relative confiance et tranquillité du peuple japonais, le calme qui semble régner alors qu’en réalité c’est la tempête…

Le cauchemar de Fukushima se poursuivra, tant que la fierté du peuple japonais fera qu’elle n’admettra pas l’aide de puissances étrangères.

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CARNET DE VACANCES (3)

PHOTO DE VACANCES A LA MERJe ne sais pas si vous êtes comme moi, mais en vacances, j’aime être tranquille. Les resquilleurs, les enquiquineurs, les rouspéteurs, très peu pour moi. Je fais trempette, puis je me cale sous un bon parasol, et je parcours ma tablette, ou lis (ou finis de lire) le livre que j’ai glissé dans ma valise, ou encore j’écoute de la musique relaxante, ou encore je discute avec mes voisins de plage: nous nous connaissons quasiment tous maintenant. Et puis, il y a les promenades aux alentours, qui ne manquent jamais de charme: la Côte d’Azur est si belle par endroits…

Je ne rate aucun marché, et il n’est pas rare d’y croiser, se croyant là incognito, une personnalité du show-bizz: chaque année nous en apporte une(e) ou deux. J’adore flâner dans les ruelles parfois médiévales de certains villages varois, j’adore m’attarder à la table d’un bon petit restaurant, et je suis chaque année surpris par le « spectacle » donné autour de soi.

Habituellement, nous avons parfois droit au ballet des canadairs et hélicoptères bombardiers d’eau, qui éteignent courageusement les départs de feu dans le massif des Maures. Cette année c’est plutôt sur la mer « qu’on a mis le feu »…. Des vedettes rapides à moteur « inbord » qui ont caramélisé: pas beau à voir après, et…. pas très rassurant. Heureusement: pas de victimes à déplorer à cette occasion.

Nous ne sommes guère habitués non plus, comme usagers de la plage, à voir surgir à vingt mètres environ du sol, en pleine sieste, un hélicoptère du Samu, arrivé en urgence, se poser dans un terrain vague voisin en envoyant valdinguer tous les objets même lourds se trouvant à proximité, pour transporter dare-dare une personne à l’hôpital le plus proche.

Et sur la plage, bien qu’entre habitués, il y a toujours beaucoup de nouveaux vacanciers qui adoptent cet endroit, et comme dans la vie normale, on y retrouve la même typologie. Vous avez celui qui croit qu’en appuyant un peu son pied de parasol dans le sable, il est bon pour résister à un vent de force 6 ou 7 au moins: or, à la première rafale du mistral, ce sont les gens qui se trouvent dans sa trajectoire qui se le prennent. Un pied de parasol mal planté devient une « arme par destination » et s’il se plante dans le thorax d’un vacancier, ce peut être mortel.

Vous avez celui qui dispose d’un choix de plusieurs grands emplacements possibles pour y installer ses sièges, parasols et serviettes, mais qui on ne sait pourquoi, va venir se planter…., sur vous !

Vous avez ceux qui mangent, fument et boivent sur la plage, et à la place de quoi, quand ils sont repartis, nous voyons des tas de mégots de cigarettes moitié enfouis dans le sable, des cannettes de boisson à même le sable, accompagnés de papiers gras, alors que plusieurs poubelles sont mises à la disposition des usagers.

Vous avez encore celui qui, installé devant vous, avec, pas de chance ce jour là, le vent qui vous est défavorable, fume à longueur de journée sur la plage de gros cigares et vous en envoie la fumée, généreusement et d’un air manifestement satisfait…

Il y a aussi celles ou ceux qui, faisant mine d’être seuls, et sortant de la baignade, entreprennent de changer de maillot et se contorsionnent dans un bout de serviette, tout ça pour qu’en définitive, ce qui ne devait pas être vu le soit, ou, comme c’est déjà arrivé, un string soit remis….à l’envers, déclenchant l’hilarité générale…

Ne pas oublier celles et ceux qui ne savent pas jouer aux raquettes, et qui, c’est curieux, ont une propension à toujours envoyer la balle sur vous (même chose pour le ballon)…

Vous y trouvez également la famille au grand complet, avec des enfants en bas âge, qui n’ont manifestement pas dormi suffisamment longtemps, ou pour lesquels il fait trop chaud, ou qui ont peur de l’eau, mais qui donnent de la voix, sans parfois que ça dérange plus que ça les parents. J’ai même connu la situation où de très jeunes enfants, tenant depuis peu debout, avaient le chic pour créer l’incident en repérant sur la plage d’autres enfants du même âge pour…, leur subtiliser leurs jouets de plage, sans que ça n’émeuve non plus leurs parents qui semblaient trouver ça naturel, tandis que les petits propriétaires des jouets « empruntés » braillaient tout ce qu’ils savaient !

Voilà ce qui fait la joie quotidienne d’une plage et des vacances au fond, et qui nous fait dire au bout d’un moment, variable selon les individus, que nous ne serons pas mécontents non plus de rentrer chez nous.

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