Archives mensuelles : juin 2013

Des déficits abyssaux devenus incontrôlables, comme ça a été le cas dans d’autres Etats membres de l’U.E. ; Bruxelles qui malicieusement fait pression pour faire encore plus, sachant qu’on s’apprête à dépasser les bornes du raisonnable : face aux dictats de Bruxelles, de l’Allemagne, de partenaires de l’UE et du FMI, en quoi pourrait consister, par exemple, une « politique » de « charlots » ?

Maîtriser la dépense publique, c’est très bien, mais ça ne suffit pas.

Restreindre les moyens de l’Etat, c’est bien, mais ça ne suffit pas, et c’est même franchement « à côté de la plaque » quand ça ne produit aucun effet véritable sur le redressement de notre économie, et qu’en plus les services publics s’en trouvent dégradés.

Supprimer les « niches » fiscales, c’est bien mais ça ne suffit pas, et c’est même franchement idiot et inutile lorsque, avant d’avoir été baptisées « niches », elles avaient une réelle utilité sociale, pour une certaine justice fiscale et sociale.

Ne pas relever les tranches du barème de l’impôt sur le revenu c’est bien, mais ça ne suffit pas, et c’est même carrément contre-productif : agissant sévèrement sur le pouvoir d’achat des ménages moyens jusqu’à ceux les plus défavorisés, c’est un coup de frein brutal pour ne pas dire un coup d’arrêt que l’on donne à la consommation : partant, le même effet se fait sentir sur la production, l’embauche, le chômage, les investissements, les fermetures et délocalisations d’entreprises.

Supprimer la grande majorité des charges déductibles du revenu global, comme supprimer la quasi-totalité des charges ouvrant droit à une réduction ou à un crédit d’impôt, par les fameux « coups de rabot », c’est bien, mais ça n’est pas suffisant et c’est même totalement imbécile, inique, irréfléchi. Si ces réductions ou crédits d’impôts ont été un jour instaurées, ce n’était pas pour le plaisir de distribuer des cadeaux fiscaux à certains, mais pour répondre à une politique, économique, favorisant l’achat de tel ou tel bien, la réalisation de tels ou tels travaux, ou de tels ou tels investissements, toutes choses dont la visée était de relancer à la fois la production dans les secteurs concernés, donc l’embauche et l’investissement, la consommation aussi, donc de faire rentrer de grandes quantités de recettes dans les caisses de l’Etat.

Obliger les gens à travailler beaucoup plus longtemps, c’est bien, mais ça n’est pas suffisant, et ça ne tient compte que de statistiques globales, non d’innombrables situations particulières. De plus penser que, parce que les statistiques disent qu’hommes et femmes vivent en moyenne plusieurs années de plus grâce aux progrès de la science, et en tirer la croyance que tous nos concitoyens sont obligatoirement concernés par ce bain de jouvence, c’est purement idiot là aussi : nombreux sont ceux qui n’ont pas, hélas, cette chance de vivre aussi longtemps et en bonne santé ! Si donc on prend la responsabilité de faire travailler les gens de façon à ce qu’ils ne puissent pas prendre leur retraite avant d’avoir fêté leur 70 ème anniversaire voire plus, il faudra certainement que nos entreprises prévoient dans leurs murs, la présence d’un médecin et d’un service médicalisé, avec défibrilateur, etc…

Retirer aux retraités et pensionnés la bonification due au nombre d’enfants qu’ils ont élevés, c’est bien mais ça ne sera pas suffisant, et de surcroît, anti-natalité : si une bonification a de longue date été instaurée, c’est pour les mêmes raison que le complément familial l’a été, ainsi que les allocations familiales ! Revenez sur ces dispositions, et dans quelques années, la France aura remplacé l’Allemagne, niveau natalité…, avec les conséquences nombreuses qui en découlent…

Diminuer la retraite ou pension de celles et ceux qui sont déjà inactifs, c’est bien mais ça ne suffira pas, et c’est là encore, contre-productif : les retraités et pensionnés sont parmi ceux qui consomment encore un peu, et pour les plus lotis d’entre eux, voyagent. Réduire de 15 ou 20% leur retraite serait, pour reprendre une expression qui se trouve dans le dictionnaire et le jargon politique : « minable ». C’est l’enterrement assuré de la consommation, et de nombreuses fermetures d’entreprises et de commerces, donc une hausse massive du chômage.

Que penser alors d’une « politique » gouvernementale dont le seul outil est le rabot ? Supprimer, tout le monde sait le faire : inutile d’avoir fait les Grandes Ecoles pour ça, ni de se regarder dans le blanc des yeux en face à face autour d’une table de conseil des ministres pendant des heures. C’est facile. Il faut se méfier de ce qui est facile. La facilité va souvent de pair avec l’incompétence, la volonté affichée de ne pas vouloir rechercher les vraies solutions, l’iniquité, l’injustice, pour ne pas dire simplement… la bêtise.

Comment peut-on croire, que tout gouvernement se prétendant sérieux, compétent, à l’écoute des administrés que nous sommes tous, appliquerait de telles « recettes » (qui se résument en fait à un seul et unique moyen : le rabotage) ?

Non ! Un gouvernement « aux responsabilités » (et responsable), se voulant sérieux, compétent, et juste, ne chercherait pas purement et simplement et uniquement à enlever, à reprendre d’une main ce qu’il a donné de l’autre (« donner c’est donner ; reprendre c’est voler »), faire des coupes sombres, raboter ! Il chercherait des voies novatrices, libérant enfin le marché du travail et de l’emploi, rendant enfin nos entreprises, petites, moyennes et grandes, et nos industries plus compétitives à l’international, il diminuerait significativement le poids des prélèvements obligatoires qui pèse sur tous les employeurs, pas de façon gratuite mais avec des contreparties, et à court terme, des embauches, des CDI, empêchant des cessations ou délocalisations, maintenant et créant des emplois, et à court terme donc, produisant les mêmes effets, la consommation des ménages serait relancée, l’économie repartirait réellement, avec au final des rentrées d’argent substantielles dans les caisses de l’Etat.

Car que fait en fin de compte un Etat qui sert les boulons de partout, coupe les robinets, rabote, rogne, restreint, revient sur les avantages acquis, sans jamais se préoccuper d’apporter aux pourvoyeurs d’emplois, comme aux employés, ouvriers, salariés en général, et aux retraités, LA bouffée d’oxygène qui permettrait d’accepter et de supporter tout cela ? Un Etat qui pratiquerait ainsi est un Etat qui s’appauvrirait lui-même, inévitablement.

 

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Inverser la courbe du chômage avant la fin de cette année…

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Au cours de sa dernière conférence de presse, de même qu’à l’occasion de ses rencontres avec les partenaires européens, et de divers déplacements, y compris dans des entreprises qui menacent de déposer le bilan et de licencier en masse, le Président de la République n’a de cesse de marteler « qu’il s’est engagé à inverser la courbe du chômage avant la fin de cette année, et qu’il s’y tiendra ».

Nous allons entamer le mois de juin, et dans la continuité, les deux mois de grandes vacances, qui traditionnellement nous éloignent pour un court moment des soucis du quotidien. L’affirmation du Chef de l’Etat pourrait donc prêter à sourire, et même à rire, s’il n’y avait pas derrière cela, des vies et carrières menacées, des souffrances et du désespoir. Certains esprits malins pourraient même répondre, à ceux qui diraient que l’affirmation de M. Hollande n’a pas de sens, que si, au contraire, elle a un sens ! l’inversion d’une courbe: celle du chômage !

Inutile de se mettre en frais de rappels économiques théoriques, le bon sens devrait suffire. Aujourd’hui, il n’est perçu nulle part, dans aucun secteur , et dans aucune structure , le moindre commencement de début de frémissement de reprise de notre économie, et tout le monde cherche quelles mesures secrètes, invisibles apparemment, auraient bien pu être prises afin de favoriser le redémarrage de l’emploi des jeunes, des moins jeunes, et des seniors.

Avec les grandes vacances qui s’annoncent, cela nous reporte donc… à septembre prochain. Fort de ce constat, nul ne voit par quel miracle, les statistiques de septembre se trouveraient meilleures que les dernières publiées, catastrophiques.

On est par conséquent en droit de conclure que le Gouvernement, alerté par la poursuite des mauvais résultats, en particulier en matière d’emploi, tiendra obligatoirement à la rentrée de septembre un, voire plusieurs Conseils extraordinaires, afin d’examiner les mesures d’urgence à prendre.

Or M. Hollande a pris devant les Français, le pari d’inverser la courbe du chômage avant la fin de cette année. Ce n’est donc pas le 31 décembre qu’il va décider de ces mesures, ni le 30, ni même le 1er décembre, mais bien avant.

Mais il ne lui restera, début septembre prochain, que quatre mois pour gagner son pari. Encore ne se base-t-il que sur ce qu’il connaît de la situation du pays ! Car que sait-il de ce que sera l’économie mondiale, au cours des six prochains mois ? Que connaît-il des répercussions que celle-ci pourrait induire, en bien comme en mal, sur notre économie ?

Le Gouvernement peut légiférer par décrets, évidemment, mais si l’on additionne le temps passé en réunions (pour décider des mesures à prendre), celui passé à rédiger les textes, à les adopter puis à les faire appliquer, il n’y a aucune mesure qui, prise mi-septembre ou fin septembre, et a fortiori en octobre ou novembre, qui puisse avoir le temps de produire des effets positifs immédiats sur l’emploi avant le 31 décembre 2013.

Pour que M. Hollande gagne son pari, il ne resterait alors plus qu’une solution: modifier une fois de plus le mode et les règles de recensement et de comptage des chômeurs et demandeurs d’emploi: une autre manière, artificielle,  d’inverser la courbe du chômage.

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