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Une « solution » en trompe-l’oeil…

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Un beau tour de « passe-passe »…

Vous en rêviez ? Le Président Hollande en rêvait ? Mais faire chuter la courbe du chômage n’a jamais été aussi simple ! C’est du moins ce qu’un économiste, Jacques Attali, prétend selon les sources BFMTV et RMC .

En fait, sa « solution  » n’a jamais été aussi simple ! Simpliste diront peut-être certains… En effet, il suffit, vous lisez bien, de faire en sorte que le plus grand nombre possible de chômeurs, 400 000, 500 000, voire bien davantage !, soit mis… en formation ! Que n’y avons-nous pas pensé plutôt !..

Une personne en formation, c’est un chômeur de moins !

C’est si simple, qu’on se demande bien pourquoi personne n’y avait songé jusqu’ici ! Pas sûr pour autant que les chômeurs apprécient la « solution ». Cette dernière ne semble pas reposer sur une analyse profonde des causes (qui sont multiples) de ce chômage de masse se maintenant à haut niveau, mais fait plutôt immédiatement penser à une « mesure-gadget« , ou encore à un tour de « magicien« , afin de faire baisser artificiellement et drastiquement le nombre de chômeurs dans notre pays l’an prochain (n’y aurait-il pas certaines élections… en 2017 ? et l’infléchissement du chômage ne serait-elle pas l’une des promesses de F. Hollande ?).

Il n’est pas certain que les chômeurs apprécient cette idée de « énième formation » pour beaucoup, d’autant que les contours de cette dernière ne sont pas précisés : en formation, certes, mais pour quoi faire, en fin de formation ? Certes, il existe sans doute un besoin de formation, et probablement dans des domaines bien spécifiques, et non de manière généralisée. Pour quelle durée ? Une formation dont le coût serait pris en charge par qui, car il n’est pas certain non plus que cela soit du goût du patronat, s’il faut mettre la main au portefeuille ; et cette formation, M. Attali est-il en mesure d’affirmer qu’à sa sortie, l’ex-chômeur formé se verrait proposer ipso facto un emploi (CDI de préférence) en rapport avec le niveau de qualification atteint (en particulier s’agissant de la rémunération), et sans avoir à attendre des mois et des années pour ça ?

En fait, cet économiste s’est-il réellement demandé quelles étaient les véritables freins actuels à l’embauche ? Il est permis de se le demander. En effet, les médias (et les patrons de TPE/PME) nous disent que 400 000 emplois seraient encore maintenant à pourvoir, sans pour autant trouver preneurs ! A côté de ça, existent et particulièrement au-travers des réseaux sociaux sur le web des milliers et des milliers de témoignages de personnes parfaitement qualifiées, disponibles, battantes, méritantes, dont beaucoup font même preuve d’ingéniosité pour mettre en avant et en valeur leurs atouts, dont les profils correspondent parfaitement à ceux recherchés, mais qui vont d’entretiens en entretiens inutiles, souvent conduits par des responsables RH « à-côté de la plaque » quand ça ne tient pas du délire, ou de dirigeants incapables de se décider, comme si tous ces rendez-vous donnés n’étaient qu’une vaste mascarade, sans vrai besoin, sans lendemain, le plus souvent sans retour d’ailleurs c’est à dire sans prendre la peine, par politesse ce qui n’a jamais été interdit,  d’informer le postulant, en somme, une gigantesque « mise en scène » qui vient justifier une courbe qui n’en finit pas de grimper. De tout cela, le sentiment que le patronat ne veut pas réellement embaucher prédomine, et s’il devait embaucher, il ne faudraitt pas espérer un CDI, la bête noire des chefs d’entreprises, excepté quelques « start-ups » jeunes et dynamiques, qui « jouent encore le jeu« .

Sortir un chômeur longue durée par exemple pour lui faire suivre une formation, supposons longue :

est-ce là vraiment ce qui va permettre à la personne en question de pouvoir vivre normalement ? Comment va-t-elle payer ses factures, son loyer, son chauffage, toutes ses charges, se nourrir, etc ? Est-ce avec ça qu’elle va pouvoir épargner ? Est-ce avec ça qu’elle va pouvoir faire des projets d’avenir ? Prenons un couple dans lequel chacun sera dans la même situation : pas de projet durant la formation, et tant qu’un vrai contrat de travail en CDI n’est pas trouvé en fin de formation !

Une inflexion de la courbe du chômage, avec de tels procédés sans doute, mais très probablement des coûts supplémentaires à la charge des entreprises, et un impact quasi nul sur la consommation et probablement sur l’emploi  lui-même !

La mesure préconisée ne s’attaquant pas aux vraies causes du fléau, il ne faudrait pas en attendre un impact positif sur les entreprises elles-mêmes (pendant qu’un ex-chômeur est en formation, il « n’est peut-être plus chômeur », mais il est totalement inopérant et improductif pour les entreprises), ni sur la consommation (avec quelle rémunération, pour ces ex-chômeurs en formation ?), ni sur l’économie. C’est donc un pur artifice, et une vue de l’esprit.

Edithorial37

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