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La faim ne justifie pas les moyens…

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Illustration : Pixabay

Selon Le Parisien, une Inspectrice de 25 ans, employée à la Chambre d’Agriculture aveyronnaise a été retrouvée noyée dans un étang, au nord de Naucelle et non loin de Rodez, dans l’Aveyron, y ayant été poussée par le frère d’un exploitant laitier, actuellement en garde à vue. La jeune femme se rendait fréquemment dans la ferme du frère, pour y procéder certes à des prélèvements sur le lait, mais surtout pour aider l’exploitant en lui prodiguant les conseils appropriés.

Les lecteurs intéressés pourront, en tant que de besoin, se reporter à l’article complet du Parisien en suivant ce lien : http://www.leparisien.fr/faits-divers/aveyron-une-inspectrice-meurt-poussee-dans-un-etang-par-un-agriculteur-17-02-2016-5553867.php

A ce stade des faits et de l’enquête, il convient de rester prudent sur les causes, hormis le fait que l’on peut assurer qu’elles ne peuvent être accidentelles. En effet, un homme est en garde à vue. Excepté un acte de folie de la part de ce dernier, qui pourrait expliquer mais en aucun cas justifier une telle atrocité, s’il s’agit d’un geste commis sciemment, froidement,  par un homme en pleine possession de ses facultés, on ne pourrait alors qu’être inquiets sur la possibilité que d’autres drames comme celui-ci ne surviennent  à l’avenir, comme autant de signaux désespérés, comme autant de mises en garde demeurées sans réponses, si l’on en juge par le climat actuel très tendu dans l’agriculture en général, dans les filières d’éleveurs en particulier, et pas seulement dans la filière porcine, et si l’on se rapporte aux nombreuses manifestations de protestations récentes, à grands renforts de  blocages aux accès routiers et autoroutiers par les agriculteurs en colère, déployant leurs tracteurs, bennes, remorques souvent chargées de foin, fumier ou de purin, afin d’être enfin entendus par les pouvoirs publics et en particulier par leur ministre de tutelle, Stéphane Le foll.

Une fois encore, il y a lieu d’être très prudents quant aux circonstances et motivations exactes du geste de toute manière inexcusable et odieux de l’homme entendu par les services de gendarmerie, mais qu’il soit donné ici l’occasion, d’une part d’adresser nos sincères condoléances à la famille de la jeune femme et d’avoir une pensée pour elle et sa famille, ainsi que pour tous les corps et fonctions de contrôles qui s’effectuent, dans ce pays, en tous domaines, délicates et souvent ingrates missions, mais qui sont rendues nécessaires par la loi, qu’il s’agisse de contrôles vétérinaires, ou qu’il s’agisse de contrôles de déclarations sociales (Urssaf), ou encore de contrôles d’identité, ou de contrôles fiscaux ou douaniers, par exemple, pour ne citer que ceux-là. Les personnels qui procèdent à ces interventions, assez souvent redoutées, ne font qu’exercer leur métier et appliquer la loi ou plutôt les lois.

Que ce soit également l’occasion de se demander si les agriculteurs, qu’on sait en grandes difficultés financières dans leur grande majorité, celle entre  autres  de perdre leur exploitation parce qu’ils croûlent sous les charges, n’ ont pas, à juste titre ?, le sentiment de n’être pas entendus par leur ministre, ou dans le cas contraire, que les annonces faites ne restent que des annonces, sans réalisations concrètes, sans lendemain. Chacun a pu entendre, sur les radios et chaînes TV, certains d’entre eux, qui ne cachaient pas leur situation, parfois au bord du « gouffre », alors qu’ils ont une famille à nourrir, des traites à honorer, des factures à payer.

Cet article n’est pas pour autant un « plaidoyer pour l’agriculture en détresse« , mais il met en garde contre les situations de blocages dans tout dialogue social, contre les états de désespoir pouvant exister et cependant méconnus, non recensés si ce n’est, pire, connus mais sous-estimés, et d’ailleurs probablement pas uniquement dans les métiers de l’agriculture. Il met également en garde sur les conséquences, notamment humaines,  que pourraient avoir de possibles actes extrêmes, isolés ou non, dictés par la colère et la désespérance.

Si la fin ne justifie pas les moyens, la faim pas davantage.

Edithorial37

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Classé dans actualité société, agriculture, économie